Chapelle Saint-Sixte

à Eygalières






        Bien visible à l'Est du village près de la route d'Orgon, cette chapelle se remarque par sa simplicité et par l'harmonie qu'elle forme avec son cadre naturel. Construite à la place d'un ancien temple païen, elle est citée en 1155 dans une bulle du pape Adrien IV, comme appartenant à l'évêque d'Avignon. En avril 1222, elle fut transférée au domaine de l'abbaye de Mollégès. La passation se fit avec une importante procession où les moniales suivaient les nobles. C'est de ce jour-là que date le traditionnel pélerinage du mardi de Pâques, qui est toujours pratiqué aujourd'hui. Le terme plus exact employé pour pélerinage est "roumavage", ce qui signifie "roumiéu viage", c'est-à-dire "voyage à Rome".

        De la chapelle romane d'origine, il ne reste plus que l'abside et l'arc triomphal orné de deux têtes de sangliers. D'importantes transformations furent faites au XVIème siècle. Le porche fut ajouté au moment de la peste de 1629, pour servir de poste de garde, alors que la chapelle servait de lazaret où l'on contrôlait la santé des voyageurs. L'ermitage attenant date de la même époque. Une cloche a été rajoutée en 2008.



 





        Le nom de saint Sixte pourrait se rapporter à trois personnages différents, qui furent papes (Sixte I, II et III) aux premiers temps du christianisme. Il semble s'agir ici de Sixte II, pape de 257 à 258 et contemporain de saint Laurent, patron d'Eygalières. Sixte II fut martyrisé sous l'empereur Valérien. Chaque année à Eygalières, lors du "roumavage" du mardi de pâques, la statue du saint est portée en procession depuis l'église paroissiale jusqu'à la chapelle. Depuis 1222, on vient ainsi demander au saint pape d'éviter la sécheresse et ses conséquences. Car en ce lieu existait jadis une source, qui fut probablement détournée par la IVème légion romaine pour alimenter la ville d'Arles.

        L'image de cette construction très émouvante a été souvent reproduite et inspire aujourd'hui de nombreux peintres.








(Clichés : J.-P. Banet. Source doc.: R Bailly, "Chapelles de Provence. Origines, architecture, croyances", Ed. Horvath, le Coteau 1988 ; Elisabeth Bousquet-Duquesne et Hervé Le Gac, "Chapelles de Provence", Itinéraires de découvertes, Editions Ouest-France, Rennes 2009 ; http://pagesperso-orange.fr/pastorale.alpilles/saint%20sixte%20vie%20chapelle.htm).


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