Ermitage
Saint-Probace
à Tourves
Au sud du village de Tourves et
trônant sur une colline, subsiste un ancien ermitage longtemps resté à
l'abandon. On y
accède seulement à pied, soit depuis le village par un sentier raide,
ou
mieux par le "chemin du bonheur", un long sentier qui se faufile sur le
plateau à partir du lieu-dit "le Claou de
Monsieur Aubert", bordant la route de
Mazaugues.
L'éperon rocheux de Saint-Probace
fut d'abord occupé par un oppidum celto-ligure entouré de son mur
d'enceinte. On en trouve encore de nombreuses traces sous la forme de
monticules de pierres et de murets. Erigé sur le côté, un curieux autel
de pierre semble lui aussi remonter à l'époque antique.
Au premier siècle de l'ère chrétienne, l'un des soixante-douze
disciples du
Christ, saint Probace, serait venu finir sa vie en Provence, et
précisément à
Tourves, sur le sommet de cette colline où il s'installa. Le personnage
est peut-être cité dans la Bible (épître aux Romains 16, 14) sous le
nom de Patrobas, que saint Paul salue parmi d'autres correspondants : "Saluez Asyncrite, Phlégon, Hermès,
Patrobas, Hermas et les frères qui sont avec eux".
A sa
mort, Probace fut enseveli sur cette colline, et une chapelle
fut construite sur place. La chapelle fut ensuite entretenue par une
communauté d'ermites. On construisit peut-être
même une chapelle supplémentaire. En 1019, le sanctuaire
est cité dans une charte de l'abbaye de Saint-Victor, qui la reçoit
de la seigneurie locale.
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En 1643, une nouvelle chapelle plus vaste fut construite à la place de
l'ancienne, alors abandonnée. C'est la chapelle actuelle, qui englobe
une partie des murs de la première, et qui porte la date de ces travaux
au-dessus de sa porte. A leur grande surprise, les ouvriers
découvrirent pendant la
construction un corps humain, doté d'une très grande taille. Après un
minutieux examen, on arriva à la conclusion que ce corps était
celui de saint Probace. La chapelle fut ensuite consacrée
en grande pompe, en présence des autorités religieuses locales et
même pontificales. Le culte de saint Probace devint alors très
important pour les habitants de Tourves.
Le bâtiment rénové fut ensuite
occupé par une communauté fondée par l'abbé d'Ollioules. Un document de
1685 précise que l'ermite qui y vivait recevait chaque année des
sandales, de l'huile, du sel et des légumes. L'ermitage continua à être
habité et entretenu par moments jusqu'au XXème siècle.
Traditionnellement, saint Probace était réputé pour faire tomber la
pluie : en cas de sécheresse, on descendait sa statue jusqu'à
l'église paroissiale, où elle demeurait jusqu'à
la prochaine ondée.
Aujourd'hui, le bâtiment comprend toujours l'église ainsi qu'une
importante partie habitable, sur un étage avec même un balcon soutenu
par une petite voûte. La chapelle contient l'imposante sépulture en
marbre de saint Probace, un buste le
représentant, des ex-voto, un bel autel en bois doré
et un autre reliquaire du saint.
L'intérieur a
été saccagé il y a quelques années, ce qui conduisit
à l'installation de solides portes de fer.
A partir
de 2008, trois moines franco-américains appelés les "petits frères de
l'Eucharistie" restaurèrent le bâtiment et le rendirent à nouveau
habitable. Ces travaux permirent ensuite l'installation d'un nouvel
ermite, le frère Séraphin, un religieux solitaire qui perpétue
désormais la vie spirituelle de ce lieu magnifique.
Aujourd'hui encore, des pèlerinages sont organisés vers l'ermitage le
lundi de Pâques et le 25 août. Davantage peut-être que le bâtiment,
c'est surtout le cadre naturel qui suscite l'émerveillement, avec ses
prairies
et ses arbustes entourant ses vestiges de murs en calcaire
blanc, ainsi que sa vue imprenable sur la plaine de Saint-Maximin, la
Sainte-Baume et les environs de Tourves.
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